Centres de capoeiragem

Les grands centres de capoeiragem (mouvements de capoeira).

Les trois grands centres de capoeiragem au Brésil sont :à Bahia, à Rio de Janeiro et à Pernambuco. Dans chacun de ces lieux, le jeu de la capoeira se distingue par certaines particularités.A Rio de Janeiro - La capoeira comme lutte apparaît dans les sources littéraires de forme constante, à partir de la seconde décennie du XIX°s., justement après le transfert de la cour portugaise par Rio de Janeiro. Le gouvernement faisait double jeu, alors qu’il ordonnait l’expulsion des capoeiristes, il les utilisait dans ses forces militaires.

A l’occasion de la Guerre du Paraguai (1828-1870), le gouvernement a tenté d’en finir avec les capoeiristes nègres, en les envoyant à l’avant de la bataille, mais ceux-là furent des héros. (Silva, pag. 32)La parole capoeira était utilisée tant pour désigner la pratique, que pour un groupe de personnes. La base de la capoeira à Rio de Janeiro était les maltas . Sa pratique consistait à des exercices d’adresses physiques dans les places de la ville. La capoeira se manifestait donc, durant les fêtes publiques, ou bien les processions, les parades militaires et le carnaval. Les événements survenaient de prétextes dans les confrontations des maltas, qui promouvaient « perturbations » ou « courses désordonnées », touchant des personnes innocentes.

La pratique de la capoeiragem, à cette époque diffère fondamentalement de ce que l’on connaît aujourd’hui de la capoeira. Où, il n’y avait pas de Roda, il n’y avait pas de musique, ni de « jeu » entre deux pratiquants.Un autre aspect surprenant est le rapide changement de l’origine ethnique des capoeiras (groupe de personnes). La capoeira, après 1850, va recruter des adeptes non seulement dans la population métisse pauvre, mais aussi entre les blancs jusqu’aux immigrants européens, principalement les portugais.L’origine sociale des capoeiras aussi doit être différenciée.

Dans la Vieille République, la majorité des capoeiristes, n’étaient pas des voyous et des vagabonds mais des travailleurs.A Bahia, le manque d’écriture sur la capoeiragem, au XIX° s., fait en sorte que les témoignages des Vieux Maîtres avaient une grande signification. L’ancienne capoeira Bahiannaise s’oppose à « la capoeira d’aujourd’hui, rythmée, stylisée, véritable capoeira de foire ». Dans la vieille Bahia, la capoeira était enseignée par les « oncles », nous avons comme exemple : Oncle Alípio (Maître de Besouro) et Oncle Benedito (Maître de Pastinha). La capoeira était passée de parents en parents ou à amis, personnes que ces « oncles » adoptaient comme leurs disciples. La figure de Maître de capoeira date du XX° s. Jusqu’au début des années trente, le jeu de la capoeira apparaissait intégrer les pratiques quotidiennes des classes populaires de manière spontanée comme, le jeu informel de football les fins de semaine.

Malgré l’existence de bons potentiels (bons capoeiristes), il n’y avait pas une rigoureuse exigence de la maîtrise de la technique du jeu, uniquement la connaissance du rituel de Roda. Donc, le divertissement bahiannais n’assumait pas toujours le caractère pacifique et prédominant ludique. Il y avait de la violence entre groupes rivaux, avec des innocents et les affrontements avec la police. Mais la répréhension politique fut moindre qu’à Rio.A Pernambuco, la capoeira a fait irruption dans les rues de Recife sous une forme de rivalité entre élites admirateurs de deux bandes de musique. Les capoeiristes étaient les défenseurs des bandes, ils allaient à l’avant des bandes, « gingando », donnant des coups, ouvrant le chemin au milieu de la foule.

La capoeira à Recife, a aidé à donner une origine aux passés du « frevo ». Une figure légendaire de Pernambuco fut Nascimento Grande, tout comme Besouro à Bahia et Manduca da Praia à Rio de Janeiro. Des hommes qui réfutaient le respect pour la vaillance, le courage et la bravoure, grands leaders des oprimés. La capoeira jouée, actuellement à Rio et Recife est un héritage de la capoeira de Bahia.L’histoire de la capoeira de 1930 à nos jours a comme principaux protagonistes la Capoeira Angola, et la Capoeira Régionale (voir styles). La capoeira actuellement, se trouve dans plus de cinquante pays et est reconnue par le COB (Comité Olympique Brésilien), comme sport olympique.

La capoeira fait partie de multiples projets sociaux, aidant à sortir les mineurs de la rue, ainsi que des projets travaillant avec des porteurs de déficience physique, auditive et visuelle, des personnes trisomiques et d’autres.La capoeira fait partie des activités physiques de plusieurs écoles publiques et privées. Elle fait, aussi partie des curriculum vitae de différentes Facultés d’Education Physique de tout le pays. La capoeira est considérée par beaucoup comme la gymnastique brésilienne. Existant, aussi, l’hydrocapoeira, l’aérocapoeira (aérobic utilisant des éléments de capoeira) et d’autres.La capoeira est enseignée dans des clubs, académies, associations de quartiers, écoles, universités, crèches, et dans divers locaux.

Au Brésil, elle s’est popularisée, conquérant principalement les enfants et adolescents. Un des motifs _ parce que le sport numéro un du Brésil _ le Football, est chaque fois plus cher et un sport d’élites, alors que la viabilité de sa pratique, est très facile, son coût est bas, et ne requiert pas de local équipé et pas d’uniformes et matériels sophistiqués. La capoeira n’a jamais été autant divulguée qu’actuellement. Constamment nous la voyons dans nos moyens de communication. Il existe déjà multiples revues, journaux et magasins spécialisés, films sur le sujet, nombreux CD et livres. La griffe capoeira a confectionné des matériels de tout type et pour tous les goûts.

En ce qui concerne son histoire, nous pensons qu’elle devrait passer par une réévaluation critique des sources connues, car beaucoup d’entre elles, commettent des erreurs grossières. Il est nécessaire, donc, de distinguer les types de sources car chacun sollicite un traitement adéquat. Beaucoup de mythes et discours furent créés tout au long de son histoire et serviront pour confondre et renforcer les positions et idées que personne ne partageait avec la vérité claire et transparente des faits.

Par contre, les récents travails studieux sur le sujet, comme les enquêtes académiques, ont apporté de bonnes et nouvelles découvertes. Peut être que nous n’arriverons pas à compléter sa réelle histoire, mais rien que le fait que nous puissions nous en approcher, est essentiel pour essayer. (Vieira et Assunção, 1999).